Je suis né à Besançon, ville de naissance de la mère de Paul Klee et des Frères Lumière. J'ai ensuite grandi à la campagne avant de passer mon adolescence à Ornans, ville natale du peintre Gustave Courbet. Après mon bac, je pars pour Paris où j'étudie l'histoire de l'art à la Sorbonne. Je passe ensuite le concours de l’École nationale supérieure de l'audiovisuel à Toulouse, où j'étudie la réalisation en cinéma. Depuis cinq ans, j'habite à Marseille.Je m'intéresse aux liens, et aux différences, entre l'art, la vie et la politique à travers les questions du collectif, de l'émancipation, de la culture et de l'esthétique. Je cherche à questionner les liens entre les individus et les communautés et le monde qui les entoure. Je m'intéresse également aux distinction faites entre art populaire et art savant, et à ce qui peut venir brouiller cette frontière. Je peux être ainsi intéressé par un parfum, un timbre ou un sac comme par un film ou par une peinture. Je m'y intéresse avec une considération du même ordre et je cherche à saisir le monde auquel cet objet est lié. Ce qui m'intéresse c'est ce que disent ces objets et ces pratiques des gens qui les ont établi à travers les époques.Je m'intéresse aux particularités de ma région d'origine (franc-comtoise) mais également à celles de ma région d’adoption (provençale) comme aux cultures qui constituent et enrichissent Marseille depuis toujours (italienne, est-européenne, arabe, musulmane, juive, gitane, africaine...). J'ai un fort intérêt pour ce qui se passe ici, dans ma ville, mon quartier, comme à ce qui a lieu à l'autre bout de la terre. Ainsi, je suis soucieux du local comme du lointain. Pour moi, ici et là-bas ne s'opposent pas. De la même manière, le particulier ne s'oppose pas au commun mais au contraire le permet. Je suis soucieux de ma propre histoire comme à celles de ceux qui viennent de loin. Outre cette autre affinité à l'espace, je cherche à développer un autre rapport au temps. Je ne pense pas que les temporalités s'opposent. Elles ne sont pas linéaires mais à l'inverse elles communiquent et se répondent. Je cherche un rapport à la mémoire où le fil entre hier, aujourd’hui et demain n'est pas rompu ou où il s'agit de le retrouver. Je m'intéresse à la façon dont des êtres et des communautés ont réussi à vivre autrement et à créer leur forme de vie à travers leur propre esthétique.Je suis aussi particulièrement intéressé par les liens entre ces cultures traditionnelles et le monde moderne. Je suis ainsi passionné par les manières dont les cultures populaires détournent les objets marchands du capitalisme, notamment à travers le faux et la copie. Je m'intéresse également aux rebuts, déchets, ou choses délaissées de ces mondes. Je m'intéresse à ce quoi on ne prête pas attention ou à ce qu'on laisse derrière soi, dans ce souci toujours à la fois de renverser les hiérarchies de valeur et de récupérer les traces témoignant d'une façon d'habiter ou d'une manière d'être. Je cherche les dissonances ou les accords entre les textures, les couleurs et les puissances que peuvent contenir ou révéler les matières.Ce qui m'occupe ce sont les signes de ce « peuple qui manque » dont parle Gilles Deleuze en reprenant la formule de Paul Klee. Je m'intéresse aux mondes qui le voit naître, à l'esthétique et à la matérialité des univers dans lequel il apparaît et à leur influence sur celui-ci. Je suis attaché à percevoir les manières d'émerger de ce peuple en art et/ou en politique ; un peuple indéfinissable, imprévisible, toujours différent, multiple, naissant à l'occasion d'un collectif, d'une émeute ou dans et autour d'une œuvre d'art. Je cherche à construire un art vivant, animé, habité et habitable.

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